Vérifier un installateur RGE avant de signer : la méthode en six contrôles
Annuaire officiel, périmètre exact de la qualification, immatriculation, assurance décennale, devis et attestations : six vérifications concrètes, gratuites et rapides pour s'assurer qu'un installateur est réellement RGE et que les aides seront versées.
Les aides publiques à la rénovation énergétique ne sont versées que si les travaux sont réalisés par une entreprise RGE dans le domaine concerné. C’est la première chose qu’un démarcheur mettra en avant, et la première chose à vérifier soi-même. Voici la méthode que nous appliquons quand nous examinons un installateur, reproductible en une vingtaine de minutes.
Contrôle 1 : l’annuaire officiel, et rien d’autre
La seule source qui fait foi est l’annuaire des professionnels RGE de France Rénov’. On y recherche l’entreprise par nom, par SIREN ou par localisation. La fiche indique les domaines de qualification et leur période de validité.
Ce qu’il faut ignorer : le logo RGE imprimé sur une plaquette ou un devis, une capture d’écran envoyée par e-mail, une mention « partenaire agréé » sans référence. Ces éléments ne prouvent rien par eux-mêmes.
Contrôle 2 : le bon domaine de qualification
RGE n’est pas une mention unique mais un ensemble de qualifications par métier :
| Travaux | Qualification à rechercher |
|---|---|
| Panneaux photovoltaïques | QualiPV (ou équivalent Qualibat / Qualifelec photovoltaïque) |
| Pompe à chaleur air/eau, géothermie | QualiPAC (ou équivalent) |
| Chauffe-eau thermodynamique | QualiPAC ou qualification chauffe-eau thermodynamique |
| Isolation des murs, combles, planchers | Qualibat isolation ou équivalent |
| Ventilation | Qualification ventilation correspondante |
Une entreprise qualifiée pour le photovoltaïque n’est pas automatiquement qualifiée pour installer une pompe à chaleur. Si le devis couvre plusieurs lots, chaque lot doit être couvert par une qualification valide.
Contrôle 3 : la même entreprise sur le devis et dans l’annuaire
La qualification RGE est attachée à une personne morale précise, identifiée par son SIREN. Le devis doit porter la dénomination exacte, le SIREN et l’adresse du siège de l’entreprise qualifiée. Deux situations fréquentes doivent alerter :
- un nom commercial sur le devis qui ne correspond à aucune fiche de l’annuaire ;
- une société « sœur » ou récemment créée qui utilise la réputation d’une entreprise qualifiée.
Le SIREN se vérifie gratuitement sur l’annuaire des entreprises de l’État : date de création, forme juridique, activité déclarée, état administratif. Une entreprise créée il y a quelques mois n’est pas forcément à écarter, mais elle ne peut pas revendiquer « dix ans d’expérience ».
Contrôle 4 : l’assurance décennale
Toute entreprise qui réalise des travaux touchant au bâti doit détenir une assurance de responsabilité décennale. Demandez l’attestation en cours de validité et vérifiez qu’elle mentionne l’activité concernée (par exemple « installation de systèmes photovoltaïques » ou « pompes à chaleur »). Une attestation qui ne couvre que la plomberie ne protège pas une toiture photovoltaïque.
Contrôle 5 : un devis qui dit tout
Un devis exploitable comporte au minimum :
- la marque, le modèle et la puissance de chaque équipement (panneaux, onduleur ou micro-onduleurs, pompe à chaleur, ballon) ;
- la nature et la durée des garanties : matériel, main-d’œuvre, décennale ;
- le calendrier prévisionnel, y compris les démarches (déclaration préalable, raccordement, Consuel pour le photovoltaïque) ;
- le montant des aides déduites, avec le nom de chaque dispositif, et le reste à charge ;
- la mention explicite d’une éventuelle sous-traitance et l’identité du sous-traitant, qui doit lui aussi être RGE.
Les pourcentages d’économies « garantis » sans étude du logement et les remises conditionnées à une signature le jour même sont des signaux d’alerte classiques.
Contrôle 6 : les attestations de fin de travaux
Le versement des aides et la mise en service dépendent de documents précis : facture détaillée conforme au devis, attestation de conformité Consuel pour une installation photovoltaïque, attestation sur l’honneur pour les CEE, procès-verbal de réception. Un installateur sérieux les annonce dès le devis et les fournit sans qu’on les réclame.
En cas de doute
Les conseillers France Rénov’ répondent gratuitement aux particuliers et peuvent examiner un devis. Pour les rénovations d’ampleur, le recours à Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire ; pour un geste isolé, il reste possible de solliciter un conseiller avant de signer. Les fiches entreprises publiées sur Avis Énergie appliquent la même grille de lecture : identité, certifications, offre, avis publics.
Questions fréquentes
Où vérifier qu'un installateur est RGE ?
Dans l'annuaire officiel des professionnels RGE sur france-renov.gouv.fr. On y recherche l'entreprise par nom, SIREN ou localisation, et on vérifie le ou les domaines de qualification et leur validité.
Le logo RGE sur un devis suffit-il ?
Non. Le logo peut être reproduit, périmé ou porter sur un autre domaine de travaux. Seule la consultation de l'annuaire officiel, pour l'entreprise exactement nommée sur le devis et pour le domaine concerné, fait foi.
Que se passe-t-il si l'installateur n'est pas RGE dans le bon domaine ?
MaPrimeRénov' et les primes CEE ne sont pas versées pour ces travaux. Le particulier supporte alors la totalité du coût, même si les travaux sont de qualité.
Un sous-traitant doit-il être RGE ?
Oui. Lorsque l'entreprise qui signe le devis sous-traite la pose, l'entreprise qui réalise effectivement les travaux doit elle aussi être qualifiée RGE dans le domaine concerné. Le devis doit mentionner la sous-traitance.
Sources et références
- France Rénov' — Annuaire des professionnels RGE — consulté le 6 septembre 2026
- France Rénov' — Mon Accompagnateur Rénov' — consulté le 6 septembre 2026
- Service-public.fr — Garantie décennale — consulté le 6 septembre 2026
- Ministère de la Transition écologique — Certificats d'économies d'énergie — consulté le 6 septembre 2026
- Annuaire des entreprises (État) — vérification du SIREN — consulté le 6 septembre 2026