Dossiers

Photovoltaïque en France : les chiffres clés du marché 2024-2026

Puissance installée, production, part de l'autoconsommation, nombre de raccordements, poids du résidentiel : le tableau de bord chiffré du photovoltaïque français, à partir des données officielles du SDES, d'Enedis et de RTE.

Publié le 4 min de lecture
Maison individuelle équipée de panneaux photovoltaïques en toiture

Le photovoltaïque français vit deux histoires en parallèle. D’un côté, un parc qui grossit de plusieurs gigawatts par an, tiré par les grandes centrales. De l’autre, un marché résidentiel très nombreux mais léger en puissance, qui vient de perdre sa prime à l’investissement. Ce dossier rassemble les chiffres officiels disponibles, avec leur période de référence.

Un parc qui approche les 30 GW

Fin 2024, la France comptait 25,3 GW de puissance photovoltaïque installée, contre 20,4 GW fin 2023, soit une progression de 24 % en un an. La puissance nouvellement installée sur l’année 2024 était elle-même en hausse de 48 % par rapport à 2023.

Le mouvement s’est poursuivi en 2025 : 4,5 GW ont été raccordés sur les neuf premiers mois (3,7 GW sur la même période de 2024), portant le parc à 29,7 GW au 30 septembre 2025, dont 28,7 GW en France continentale. Sur l’ensemble de 2025, les données de raccordement compilées par Hello Watt à partir d’Enedis et de RTE font état d’environ 5,9 GW raccordés, contre 4,7 GW en 2024.

IndicateurValeurPériodeSource
Puissance installée20,4 GWfin 2023SDES
Puissance installée25,3 GWfin 2024SDES
Puissance installée29,7 GW (28,7 GW continentale)30 sept. 2025SDES
Puissance raccordée4,5 GWjanv.-sept. 2025SDES
Puissance raccordée~5,9 GWannée 2025Enedis/RTE via Hello Watt

Une production qui pèse désormais près de 8 % de la consommation

La production photovoltaïque a atteint 23,1 TWh en 2024 en France métropolitaine (+8 % sur un an), dont 21,8 TWh injectés sur le réseau et 1,3 TWh autoconsommés. Sur les neuf premiers mois de 2025, elle grimpe à 28,6 TWh, en hausse de 35 %, soit 7,9 % de la consommation électrique française.

Cette progression rapide de la production tient à la fois à l’accroissement du parc et à un ensoleillement favorable en 2025. Elle explique aussi la pression à la baisse sur la valeur de l’électricité solaire en milieu de journée, l’un des arguments avancés pour la réforme tarifaire de juin 2026.

Beaucoup d’installations, peu de gigawatts : le paradoxe du résidentiel

Le marché résidentiel est massif en nombre et marginal en puissance :

  • Fin 2024, 56 % des installations faisaient 3 kW ou moins, mais ne représentaient que 6 % de la puissance.
  • À l’inverse, 0,3 % des installations (500 kW et plus) concentraient 47 % de la puissance du parc.
  • Sur 2025, les installations de 9 kW ou moins constituent 86 % des unités nouvellement raccordées pour seulement 13 % de la nouvelle puissance ; les installations de plus de 500 kW font près d’un tiers de la nouvelle puissance pour 0,2 % du nombre de raccordements.

Autrement dit, quand on parle de « boom du solaire » en gigawatts, on parle surtout de centrales au sol et de grandes toitures. Quand on parle de centaines de milliers de foyers, on parle du résidentiel.

L’autoconsommation : la règle chez les particuliers

Fin 2024, 58 % des installations de France métropolitaine consommaient tout ou partie de leur production ; ce taux atteint 60 % sur les raccordements de 2025. En puissance, ces installations ne représentent que 15 à 16 % du parc, mais la puissance autoconsommée a quasiment quintuplé depuis 2021.

Le reste du parc, soit 85 % de la puissance, injecte la totalité de sa production sur le réseau.

Le nombre de raccordements recule en 2025

Selon les données Enedis compilées par Hello Watt, le nombre de nouveaux raccordements est passé d’environ 248 000 en 2024 à environ 185 000 en 2025, soit un recul de 26 %, alors que la puissance raccordée progressait. Deux lectures se combinent : des installations résidentielles en moyenne plus puissantes, et un ralentissement du petit résidentiel dans un contexte d’incertitude sur les aides, qui s’est concrétisée en juin 2026.

Juin 2026 : fin de la prime, surplus à 1,1 c€/kWh

L’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel du 4 juin 2026, modifie l’arrêté tarifaire S21 du 6 octobre 2021 qui encadre les petites installations :

  • la prime à l’investissement (dite prime à l’autoconsommation) est supprimée pour les installations en autoconsommation avec vente du surplus ;
  • le tarif d’achat du surplus est fixé à 1,1 c€/kWh hors TVA pour les installations jusqu’à 9 kWc comme pour la tranche 9-36 kWc ;
  • ce tarif est indexé de 2 % par an à chaque date anniversaire du contrat ;
  • les contrats sont conclus pour vingt ans à compter de la mise en service.

Au premier trimestre 2026, la prime représentait encore environ 80 €/kWc pour les installations de 9 kWc ou moins, soit 480 à 720 € pour une installation de 6 à 9 kWc. Les projets dont la demande complète de raccordement a été déposée avant l’entrée en vigueur conservent les conditions antérieures.

Ce que cela change pour un particulier

Avec un surplus racheté un peu plus d’un centime le kilowattheure, la rentabilité d’une installation résidentielle repose désormais presque entièrement sur l’électricité autoconsommée, c’est-à-dire non achetée au fournisseur. Trois conséquences pratiques :

  1. Dimensionner au plus juste : une installation surdimensionnée injecte un surplus qui ne vaut presque rien.
  2. Déplacer les consommations vers les heures de production (chauffe-eau, lave-linge, recharge de véhicule), ou piloter ces usages avec un gestionnaire d’énergie.
  3. Comparer le coût du kilowattheure évité au prix du kilowattheure acheté, plutôt que de raisonner en « revente ».

Les guides pratiques correspondants sont publiés sur Énergie Simple : combien de panneaux pour couvrir sa consommation et l’autoconsommation expliquée simplement.

Questions fréquentes

Quelle est la puissance photovoltaïque installée en France ?

25,3 GW fin 2024 selon les chiffres clés des énergies renouvelables du SDES, et 29,7 GW au 30 septembre 2025 selon le tableau de bord trimestriel du même service, dont 28,7 GW en France continentale.

Quelle part de l'électricité française vient du solaire ?

Sur les neuf premiers mois de 2025, la production photovoltaïque a atteint 28,6 TWh, soit 7,9 % de la consommation électrique française (SDES). En 2024, la production annuelle était de 23,1 TWh.

L'autoconsommation domine-t-elle le marché ?

En nombre d'installations, oui : 58 % des installations métropolitaines autoconsomment tout ou partie de leur production fin 2024, 60 % sur 2025. En puissance, non : elles ne pèsent que 15 à 16 % du parc, l'essentiel des gigawatts venant des grandes centrales au sol et des grandes toitures.

La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?

Non. L'arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel du 4 juin 2026, supprime la prime à l'investissement pour les installations en autoconsommation avec vente du surplus. Le surplus injecté est racheté 1,1 c€/kWh hors TVA pour les installations jusqu'à 36 kWc, avec une indexation de 2 % par an sur un contrat de vingt ans.

Sources et références

  1. SDES — Chiffres clés des énergies renouvelables 2025, solaire photovoltaïque — consulté le 6 septembre 2026
  2. L'Écho du Solaire — 4,5 GW raccordés sur les trois premiers trimestres 2025 (données SDES) — consulté le 6 septembre 2026
  3. Légifrance — Arrêté du 1er juin 2026 modifiant l'arrêté tarifaire S21 (JORF n° 0129 du 4 juin 2026) — consulté le 6 septembre 2026
  4. Photovoltaique.info — Arrêté tarifaire en vigueur — consulté le 6 septembre 2026
  5. Hello Watt — Chiffres du photovoltaïque au quatrième trimestre 2025 (données Enedis et RTE) — consulté le 6 septembre 2026